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#COVID19 | Les conséquences sur la filière bovin viande en France

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Pendant l’épidémie de Covid-19, il y a eu une modification des manières de consommer. Les viandes hachées enregistrent une forte progression (en moyenne, +60% de la viande hachée surgelée, principalement bœuf). En haché frais, +24%. Cette augmentation se lie avec la suppression de la RHD. Et puis avec les enfants à la maison et le télétravail, peu de temps de faire à manger. Le haché surgelé correspond bien, et permet de faire des stocks.

Sur la catégorie des Jeunes Bovins (JB), catégorie animale n’ayant pas la même vocation à l’engraissement que les broutards sur le marché italien, leur demande a commencé à baisser dès la semaine 12, entamant leur baisse saisonnière plus rapidement que l’année dernière. Ce sont principalement les JB laitiers qui ont cessés d’être abattus (en semaine 18, -19% d’abattages en moins / 2019 contre -7% en JB allaitants) Mais c’est surtout les volumes en direction de l’Espagne et de l’Allemagne qui ont le plus souffert, avec -4% de volumes/2019. Les cours chutent lentement, mais sont emportés par les prix européens et la concurrence accrue des autres pays.

Sur la catégorie des broutards, le marché vers l’Italie est plutôt maintenu grâce aux systèmes d’élevages interdépendants entre les deux pays, Cette situation n’a malgré tout pas permis de hausse saisonnière des prix. Le marché espagnol est plus faible, rapport à l’arrêt de la restauration hors domicile, et le marché algérien a fortement ralenti suite à la crise pétrolière. Le maintien des cours global s’explique par deux raisons : la forte décapitalisation des troupeaux allaitants français depuis 2016, et les exportations de viande de broutards en légère hausse sur le 1er trimestre 2020, notamment vers l’itaie. D’ailleurs, le mâle U charolais de 450 kg, animal emblématique de l’export vers l’Italie voit sa cotation légèrement remonter au moment du déconfinement, même si les prix restent en dessous de ceux de 2019. .

Enfin, sur la catégorie des vaches, le volume abattu diminue en France. La vache O, vache de réforme laitière a été la première à subir une décote. Au début du confinement, les vaches bien conformées se sont maintenues jusqu’au milieu du confinement (et ont même montés au départ !), avant d’être à leur tour touchées par la baisse des cotations, de par le ralentissement général de la consommation.

Quelle catégorie de gros bovins a été orientée de façon accrue vers le haché pour satisfaire la hausse demande steak haché ?

Il n’y a pas forcément eu de redirection de certains animaux vers les steaks hachés. En effet, avant le confinement, la vache laitière partait en grosse partie vers le steak haché, et c’est toujours le cas. Mais le steak haché était aussi en grande partie consommée par la restauration hors domicile ! On note un peu de réorientation via les JB laitiers, avec le peu d’import allemand, mais on suppose encore un léger déficit entre la quantité de steaks hachés vendus hors confinement et la quantité de viande vendue pendant le confinement, même si les achats ont augmentés.

Qu'est ce qui explique que les échanges avec la France soient maintenus en Italie et pas avec leurs autres pays d'approvisionnements ?

Le principal élément d’explication, ce sont les relations franco italiennes étroites : les filières JB et broutards ont destin liés, elles ne peuvent pas fonctionner l’une sans l’autre. La France fait naitre les animaux, les Italiens l’engraissent. Et puis il y a les habitudes des italiens : Les types de viande préférée des italiens sont de type charolais/limousin Aujourd’hui, tous les segments se sont simplifiés par manque de personnel (mais aussi pour faciliter la circulation des clients) : on simplifie au classique, et en Italie, le classique c’est de la viande JB franco italienne.