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Innov'Action 2018 : Vers des pratiques culturales agroécologiques

180 personnes ont participé à la journée Innov'Action organisée par la Chambre d'agriculture le 12 juin dernier à Plauzat. Cette journée technique sur l’agroécologie a eu lieu à l’EARL JALLUT en partenariat avec le Syndicat Mixte de la Vallée de la Veyre et de l'Auzon et l'Agence de l'Eau Loire-Bretagne.

Sébastien GARDETTE, président de la Chambre d’agriculture, a introduit cette journée : «L’agroécologie c'est l'agronomie au service de l'économie ! c’est valoriser les ressources naturelles pour produire plus et mieux, tout en maintenant et préservant la fertilité du sol qui devient un enjeu prépondérant. L’agroécologie est au coeur du programme d’actions de la Chambre d’agriculture, c’est un des moteurs qui anime le développement agricole aujourd’hui. Je remercie Bruno JALLUT de nous accueillir sur sa ferme. Quand on porte des messages et des dynamiques c’est important de les illustrer sur le terrain pour apporter des pistes de réflexion et des réponses aux agriculteurs qui se posent beaucoup de questions pour faire évoluer leur système agronomiquement et économiquement

La fertilité du sol était donc au coeur des échanges de la matinée avec les témoignages de Bruno JALLUT et de Frédéric THOMAS, agriculteur en Sologne et directeur de la revue TCS (Techniques Culturales Simplifiées), expert de l'agriculture de conservation ainsi que du groupe sol de Limagrain. L'après-midi, les participants ont pu apprécier les ateliers techniques sur le rôle et la conduite d'une haie par Stéphane HEKIMIAN (Mission Haies Auvergne), le strip-till, expliqué par Charles-Henri LAYAT (conseiller machinisme à la FD CUMA 63), des questions concrètes sur l'agriculture de conservation, avec Frédéric THOMAS et la visite du bâtiment PVE, guidée par Alexis BUSSEROLLE, conseiller à la Chambre d'agriculture.

L'agriculture de conservation pour améliorer le potentiel des sols

Bruno JALLUT cultive près de 350 hectares à Plauzat, dans le sud de la Limagne. 50 % de ses terres se situent sur des coteaux plus ou moins accidentés : blé, orge, vigne, colza et le reste en plaine : betterave sucrière, maïs semence et tournesol. Pour protéger et enrichir son sol et atténuer l'érosion hydrique dans les coteaux, il a opté pour l'agriculture de conservation : mise en place de dérobées (sarrasin, lentille), allongement du cycle des rotations, couverts végétaux, semis-direct...
«Mes objectifs en matière d'agroécologie sont de conserver une rentabilité économique, de maîtriser mes intrants, de préserver et valoriser mes sols et d'améliorer les conditions de travail sur l'exploitation.»

Produire mieux, durablement et économiquement c'est aussi ce qu'à entrepris Frédéric THOMAS.
Il cultive des terres sableuses hydromorphes à faible potentiel, dans le Loir-et-Cher. Lors de cette journée Innov'Action, il est revenu sur 20 ans d'agriculture de conservation au cours desquels il a remis l'agronomie au centre de ses préoccupations. En associant la mise en place de couverts végétaux, le semis-direct, la conception de nouvelles rotations de cultures, il a réussi à améliorer ses sols avec une RFU (réserve facilement utilisable) multipliée par 5 et des rendements 10 à 30 % supérieurs à ceux de ses voisins.
«On a même réintroduit l’élevage sur notre exploitation car les couverts végétaux sont une source de fourrages partagée entre les vers de terre, les moutons et les vaches ! Cela a permis de développer un équilibre agronomique, un intérêt économique et davantage de résilience sur l'exploitation.»

L'implantation de haies pour limiter l'érosion éolienne et favoriser la biodiversité

En 2016, pour limiter l'érosion éolienne en plaine, Bruno JALLUT a débuté la plantation de 3 600 mètres de haies autour de ses parcelles.
Les haies protègent de 15 à 20 fois leur hauteur. Elles jouent également un rôle majeur pour la protection des cultures et la réduction de l'utilisation de produits phytosanitaires. «Si une haie est bien conduite en hauteur et avec plusieurs types d'essences, elle devient un HLM à biodiversité permettant d'abriter plusieurs espèces d'auxiliaires de cultures pour lutter contre les ravageurs» explique Bruno JALLUT.

Le Phytobac, pour recycler les eaux usées

En 2014, grâce au Plan Végétal pour l'Environnement, Bruno JALLUT a fait construire un bâtiment pour mieux gérer les effluents phytosanitaires et améliorer les conditions de travail sur l'exploitation via davantage de confort et de sécurité pour lui et ses salariés.
Le Phytobac est un procédé de récupération et de dégradation des effluents phytosanitaires : eau de lavage, de rinçage (pulvés, tracteurs, bidons, …), eau accidentelle (local phyto), basé sur le pouvoir épurateur d’un sol reconstitué, actif biologiquement.

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