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Visite préfectorale

Les élus de la Chambre d'agriculture ont invité le préfet, Jacques BILLANT, à se rendre sur une exploitation agricole.

Jacques BILLANT, préfet du Puy-de-Dôme, s’est rendu au GAEC de Pralons à Bussières-et-Pruns, vendredi 27 avril dernier, en présence du directeur départemental des territoires (DDT) Armand SANSEAU, du sénateur Eric GOLD, de la maire de la commune Josette BREYSSE, et d’une trentaine d’agriculteurs. 


L’agriculture puydomoise un poids économique important

L’un des objectifs de cette visite de terrain était de présenter les caractéristiques de l’agriculture du Puy-de-Dôme et de sensibiliser les services de l’Etat aux enjeux agricoles du territoire.

« Avec près de 7 000 exploitations et 9 500 actifs, la ferme puydomoise est une très belle entreprise. C’est important de rappeler que l’agriculture est une activité économique. C’est aussi une activité qui façonne les paysages – 50 % de la surface du département est consacré à l’agriculture - et qui développe et conserve l’attractivité de nos territoires » a rappelé Sébastien GARDETTE, président de la Chambre d’agriculture.
Après avoir dressé la photographie de l’agriculture du département en rappelant les nombreux signes de qualité des produits puydomois (AOP, IGP…), le président a souligné la dynamique du département en termes d’installation : le Puy-de-Dôme est un des départements d’Auvergne-Rhône-Alpes qui installe le plus d’agriculteurs avec une moyenne de 160 installations par an.
Toutefois il n’a pas caché son inquiétude puisque près de 2 000 exploitations ont disparu en 10 ans (de 2 000 à 2010) « c’est un plan social considérable, malheureusement par rapport à une entreprise qui supprimerait 2 000 postes, cela se voit beaucoup moins car c’est diffus sur le territoire ».
 
Sébastien GARDETTE a également insisté sur l’importance de porter un message positif sur l’agriculture. « Les agriculteurs font évoluer leurs pratiques, portent des initiatives dans le sens de l’intérêt général, innovent, investissent et croient en l’avenir. C’est important de communiquer en ce sens.»
Une approche positive partagée par le préfet qui, sans occulter les difficultés structurelles et conjoncturelles, souhaite valoriser la dynamique qui anime les agriculteurs du département.

Une dynamique agricole illustrée par l’exploitation support de cette visite.

Olivier et Nicolas CHAMBON cultivent 200 ha au cœur de la Limagne : blé, maïs, betterave, tournesol ainsi que lin et soja. Ils ont aussi une entreprise de travaux agricoles et un commerce de paille, des activités indispensables à l’équilibre de leur exploitation.

Le GAEC fait partie du projet SCInn’Auvergne. Construit par les Chambres d’agriculture d’Auvergne, ce réseau expérimental permet à des agriculteurs volontaires de tester et d’évaluer de nouveaux systèmes de cultures agroécologiques.
Sur une surface de 13 hectares (5 % de l’exploitation) non irrigables, les frères CHAMBON ont ainsi mis en place une rotation de 5 ans (au lieu de 2 ans auparavant) en alternant lin, blé, pois d’hiver, maïs, blé. « En revoyant la rotation, l’enjeu est de retrouver du revenu sur des terres non irrigables et d’optimiser la fertilisation du sol. » explique Yoann GINESTIERE, conseiller agronomie à la Chambre d’agriculture qui accompagne techniquement la démarche.

« Via SCInn’Auvergne, on a l’opportunité de cultiver et de chercher de nouvelles productions, d’essayer des techniques, de changer les habuitudes, ça nous permet d’aller plus loin sur des choses qu’on ne ferait pas seuls. » explique Olivier CHAMBON. Néanmoins, aucun soutien financier n’existe autour de ces projets.

Un aspect qui doit évoluer selon Sébastien GARDETTE, pour permettre à de plus en plus d’agriculteurs de pouvoir s’engager dans ces dispositifs. « En essayant de nouvelles façons de produire, il peut y avoir des échecs et aucun dispositif financier n’accompagne cette prise de risque, ni ne valorise ce qui est fait. Il n’y a pas de reconnaissance pour les agriculteurs qui font évoluer leurs pratiques, et cette reconnaissance devrait être faite par le prix. En agriculture si vous êtes en conventionnel vous avez un prix et si vous êtes labellisé bio vous avez un prix, mais entre les 2 il n’y a aucune distinction. »

L’actualité agricole au cœur des échanges

Pour clore cette visite préfectorale, les élus de la Chambre d’agriculture ont interpellé le préfet sur de nombreux sujets de l’actualité agricole.  Les agriculteurs ont ainsi pu faire part de leurs préoccupations et de leurs attentes aux services de l’Etat.

Un échange important pour le préfet, dont la venue était motivée par la volonté d’être au contact des agriculteurs pour coller aux réalités du terrain « Cette rencontre a aussi pour objectif de refonder une relation de confiance entre les agriculteurs et l’administration, la volonté est de vous accompagner mais cela demande de se connaitre et d’avoir le réflexe de mobiliser l’administration dès lors que vous êtes confrontés à des difficultés, que vous portez un projet, de manière à nous associer le plus en amont possible et permettre à notre agriculture de se développer ».

  • Zones défavorisées simples

Suite à la réadaptation de la carte des ZDS, 69 communes seraient ajoutées. Une commune, Crevant-Laveine, sortirait du zonage. Une réflexion est en cours pour essayer de la réintégrer.

  • Verdissement de la PAC

Les agriculteurs souhaitent plus de flexibilité quant aux dates d’implantation des CIPAN (du 30/06 au 15/09) non adaptées au département. Le préfet et le DDT feront un point courant juin pour alerter le ministère sur cet aspect.

  • Cartographie des points d’eau

Cette cartographie doit être établie avec les agriculteurs. Il invite chacun à collaborer au travail d’expertise et à se rendre aux visites organisées sur leur commune.
Dans les faits, ce travail permet de retirer des fossés de la cartographie.

  • Campagne PAC

Les versements de 2015 et 2016 vont être finis au 1er semestre pour les MAEC et les bio. Pour 2018, le DDT a signalé un retour à un calendrier « normal ». Les premiers versements devraient être effectués à partir du mois d’octobre, donc aucune avance de trésorerie n’aura besoin d’être mise en place.

  • Directive nitrates

Un Plan d’Actions Régional est en cours d’élaboration par la DRAAF et la DREAL, sur consultation de la Chambre régionale d’agriculture et du Conseil régional.
Le préfet de Région doit finaliser son projet pour une mise en oeuvre dès septembre.
Pour le Puy-de-Dôme, 2 sujets sont au coeur des réflexions : le taux d’argile et les dérogations faux semis.

  • Dégâts de sangliers

Une organisation et un travail entre chasseurs et agriculteurs est nécessaire. Le préfet souhaite des plans de chasse ambitieux et cohérents, réajustés régulièrement dans les lieux où les dégâts sont constatés. Des mesures administratives vont être prises : battues, tirs de nuit, encadrement de l’agrainage… et le préfet veillera à leur bonne réalisation.
Des propositions ont été faites par la Fédération de chasse : augmentation du nombre de jours chassés (mardi sera jour chassable) et possibilité de chasser plus tôt : à partir du 15 juin au lieu du 14 août.